Avec tous ses claviers, ses soufflets, ses manettes et ses tuyaux, l'orgue offre une véritable « collection de sonorités ». Cet instrument monumental fonctionne en faisant circuler de l'air dans des flûtes de longueurs différentes, chacune produisant une note différente avec une sonorité spécifique. De plus, ce mécanisme compliqué est installé dans un vaste buffet en bois. Certains orgues deviennent ainsi de magnifiques objet d'art grâce au talent des artisans qui les fabriquent.
L'orgue est l'un des plus anciens instruments occidentaux, mais c'est aussi le plus volumineux. Il est considéré comme le roi des instruments, de par ses allures de géant, mais aussi parce qu'à lui seul il peut reproduire le son des instruments de tout un orchestre.
On trouve les orgues dans les églises ou dans les temples. Certaines salles de concert et de théâtre en possèdent également. Il existe aussi des orgues de salon et des instruments encore plus petits, utilisés au Moyen-Age, que l'on pouvait porter à bras, d'où leur nom de « portatifs ».
Les tuyaux de l'orgue sont posés sur un coffre en bois, appelé sommier, dans lequel est stocké l'air sous pression. Cet air provient d'une soufflerie actionné autrefois par des hommes, aujourd'hui par un moteur électrique. Quand l'organiste appuie sur une touche de son clavier, une soupape s'ouvre dans le sommier juste en dessous du tuyau correspondant et l'air s'engouffre dans le tuyau qui se met à chanter.
Buffet: le buffet est un meuble en bois destiné à recevoir les nombreux tuyaux et mécaniques de commande.
Un grand orgue classique est, la plupart du temps, composé de deux buffets, le buffet du grand orgue et le buffet du positif. L'instrument se limite parfois à un seul buffet en fonction de la taille du lieu où il est installé.
Les tuyaux de la façade des buffets sont appelés les « monstres » car ils sont visibles à l'extérieur de l'orgue. Ils sont répartis de façon à constituer un décor, les plus gros d'entre eux dans des tourelles et les autres alignés par hauteur croissante dans des plates faces, souvent symétriquement.
Console: c'est l'endroit où joue l'organiste ou encore le poste de commande de l'orgue.
Claviers: les orgues comportent souvent plusieurs claviers ( parfois jusqu'à cinq). Les claviers classiques comportent de 48 à 56 notes. Les claviers modernes vont jusqu'à 61 notes.
Chaque clavier fait sonner les tuyaux d'un petit orgue indépendant, installé dans l'un ou l'autre des buffets. Ainsi un orgue de deux claviers et pédalier est en réalité la réunion de trois orgues différents, le pédalier constituant un clavier à part entière. Les différents plans sonores que représentent ces claviers peuvent être joués séparément par chaque main ou les uns après les autres pour créer des effets d'écho.
Facteur d'orgues: c'est la personne qui construit l'orgue. Ce métier d'art exige de nombreuses qualifications: menuiserie, ébénisterie, fonderie et travail des alliages métalliques, mécanique, acoustique ... En France, il existe une cinquantaine d'ateliers dont certains regroupant plusieurs artisans.
Jeu(x): un jeu est constitué d'une série de tuyaux ( en général 56 du plus grave au plus aigu ) présentant un même timbre (une couleur sonore particulière) par exemple flûte ou trompette.
On distingue un jeu par son timbre (ex: flûte, bombarde, bourdon ...) et par la hauteur du plus grand (le plus grave) tuyau de la série qui se mesure en pieds (le pied est une mesure ancienne valant 32,4 cm). On dira alors flûte de 8 pieds ou flûte 8', bombarde de 16 pieds ou bombarde 16'.
Dans un orgue, l'organiste peut disposer:
L'organiste peut faire entendre un seul jeu ou plusieurs à la fois et faire varier ainsi les sonorités de l'orgue.
Voici quelques noms de jeux d'orgue:
Bombarde - Bourdon - Carillon - Clairon - Contrebasse - Cor anglais - Clarinette - cornet - Cor de nuit - Cromorne - Cymbale - Diapason - Doublette - Flûte - Fourniture - Gambe - Hautbois - Larigot - Mixture - Nasard - Plein jeu - Principal (parfois nommé montre ou prestant) - Quintaton - Régale - Salicional - Soubasse - Trompette - Voix céleste - Voix Humaine.
Pédalier: c'est un clavier joué avec les pieds. Il comporte jusqu'à 32 touches. L'organiste peut évidemment jouer à la fois sur les claviers et sur le pédalier, ce qui démultiplie les possibilités musicales.
Sommier: c'est la pièce centrale de l'orgue. C'est lui qui reçoit l'air et le distribue à chacun des tuyaux d'après ce que commande l'organiste.
Soufflerie: Pour faire parler les tuyaux, il faut de l'air. Avant l'invention du moteur électrique, un homme, le souffleur, actionnait des soufflets pour fournir le vent nécessaire aux tuyaux de l'orgue. L'apparition du moteur électrique a permis de remplacer le souffleur par un ventilateur envoyant de l'air dans un réservoir régulateur de pression.
Tirant(s) de jeux: ce sont des manettes en bois ou des boutons qui se situent de part et d'autre de la console. En les manoeuvrant, l'organiste choisit les jeux qui seront prêts à parler lorsqu'il appuiera sur les touches de chaque clavier. Le nom des jeux est marqué sur les boutons ou en dessous, sur des étiquettes. C'est ainsi que l'organiste fait varier les couleurs de l'orgue, en combinant certains jeux avec d'autres.
Tuyau(x): ce sont les tuyaux qui émettent les sons dans l'orgue. Ils sont fabriqués avec de l'étain pur ou avec de l'«étoffe», mélange d'étain et de plomb, ou encore avec du bois.
Plus un tuyaux est long, plus le son qui en sort est grave.
Les tuyaux d'orgue sont de deux types: soit à embouchure et à bouche comme la flûte à bec, soit à anche comme la clarinette. On peut voir des tuyaux à bouche en façade de l'instrument. Les tuyaux à anche se trouvent à l'intérieur de l'orgue et n'ont pas de bouche. Leur système d'émission du son provient d'une languette de cuivre ou de laiton (anche) qui vibre sous la pression de l'air, d'où leur sonorité plus riche et plus éclatante.
Petit dictionnaire constitué grâce aux ouvrages:
François Blanc « Éléments de fonctionnement de l'orgue », éditions F. Blanc (1981)
Pierre Rochas « Le Petit dictionnaire de l'orgue illustré », éditions Harmonia Mundi (1997)
Friedrich Jakob « L'Orgue », éditions Payot (1976)
Dernière Maj : 16/11/2005